atelier La source du lion  2016 ----------- web : Atbane youness

 

 

 

 la source

du lion

Casablanca

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le lion se meurt

petite histoire

d’un processus en devenir...

 

Le lion se meurt est né en 2003, lors d’une visite imprévue au zoo de Aïn Sebâa à Casablanca. Nous y découvrons ce jour-là l’ampleur d’un désastre qui n’est certainement pas naissant et porte déjà les stigmates d’un renoncement bien ancré. A cette époque, la source du lion œuvre déjà sur un terrain non moins catastrophique de la ville, le parc de l’Hermitage. L’idée d’un projet entre en germination et une première série de repérage est effectuée. Très vite, et par la force des choses pourrait-on dire, le projet s’oriente autour de l’image symbolique des 6 lions du zoo, incarcérés dans 3 cages de quelques 10 mètres de diamètre… l’occasion rêvée pour tourner en rond. Deux approches complémentaires seront menées, deux « collections » parallèles seront constituées. L’une, La collection du lion, recueille une série d’objets les plus divers sur le lion – photographies, chansons, figurines, jeux, produits de consommation, etc. – L’autre, Le journal du lion, s’est réalisée avec la complicité d’une trentaine de personnes, volontaires pour passer seules, une heure auprès des lions du zoo et transmettre cette expérience par un texte, une photographie, un dessin, un film…

 

En avril 2005, la matière ainsi réunie fait l’objet d’une première présentation dans l’espace public sous le titre générique Le lion se meurt. L’exposition/action met en scène La collection du lion et des vidéos du Journal du lion dans l’espace d’une camionnette, repeinte aux couleurs des transports scolaires et réaménagée pour l’occasion en lieu de présentation et de rencontre. L’Ouverture du projet s’accompagne de lectures publiques d’extraits du Journal du lion et d’une performance de Hassan Darsi, La peinture du lion, esquissée durant l’inauguration et prolongée en public chaque jour jusqu’à sa présentation, le jour de la Fermeture. Durant les deux semaines de sa présentation, en même temps que s’accomplira La peinture du lion et au fil des rencontres avec les passants, le projet continuera de se nourrir des contributions que chacun voudra apporter à la collection du lion et des productions de l’atelier de peinture ouvert au public pour l’occasion.

En Mai 2005, à l’occasion de la Passerelle artistique IV , la camionnette du lion se meurt déménage pour s’installer dans le parc de l’Hermitage, opérant ainsi une passerelle tant physique que symbolique entre deux lieux sensibles de Casablanca. Ce glissement d’un lieu en voie de renaissance à un autre en déliquescence tente, à l’intérieur d’un même processus par les différents médiums des arts plastiques, d’interroger le regard sur des réalités contemporaines et d’opérer des transformations.

 

Un an plus tard, le projet, à l’image d’un puzzle en construction, s’enrichit d’une nouvelle pièce, Le costume du lion. Hassan Darsi, confronté aux problématiques de présentation de La collection du lion, imagine un support mobile pour les différents objets qui la compose. Sur le tissu des éléments prédécoupés d’un costume aux mesures de l’artiste sont apposées par transfert une sélection d’images de ce qui constitue la collection. Finalisé, le costume devient en lui-même un nouvel objet, l’artiste qui le porte, un support de son propre travail. Porté lors de la Biennale d’art contemporain de Dakar, pour une émission de débat télévisé sur l’art contemporain à Casablanca, ou encore durant un vernissage d’exposition à Gand, le costume, à l’image des panneaux publicitaires promenés par des « hommes sandwich » devient le témoignage vivant et mobile du projet comme de la situation du zoo.

 

A l’automne 2007, Le costume du lion et La collection du lion s’installent à Rotterdam dans une galerie d’art contemporain, car si la dimension pédagogique, de sensibilisation et de communication du lion se meurt  est une volonté affichée, le projet n’en demeure pas moins un projet artistique ouvert sur les multiples voies opérées dans le champ des arts plastiques, pertinent dans sa dimension d’ouverture, d’échange et de transmission, qu’il s’offre au public dans un espace public ou dans un espace consacré à l’art.

 

À l’issue des actions publiques menées en 2005, le zoo de Aïn Sebâa est sommairement rénové : on évacue le dépotoir, on badigeonne de couleurs pastel les murs des enceintes… Rien de très concluant pour la situation carcérale des animaux, mais une première prise de conscience qui peut dans l’avenir déboucher sur de vraies solutions, peut-on espérer…

 

(Florence renault-darsi.)

 

 

THE LION IS DYING…

A SHORT HISTORY

OF A PROCESS ON DEVELOPMENT

 

The lion is dying is born in 2003, during a not expected visit to the Casablanca’s zoo of Aïn Sebâa, where we discovered the extent of a disaster, certainly not a new-born one, but already carrying the stigmata of a well anchored renouncement. At this time, La source dui Lion is already working on a not less catastrophic area of the town, the Hermitage Park. The idea of a project is entering then in a germination phase and a very first series of reconnaissance is done. Very fast and driven by the circumstances,  the project was orientated  on a main axe, symbolically represented by 6 lions of the zoo, incarcerated into 3 cages, about 10 m of diameter each… a dreamed occasion for interminable round tours. Two complementary approaches will be conducted, two parallel « collections » will be set up. The one, « the lion’s collection » is collecting series of diverse objects, all about the lion – photographies, songs, little figures, plays, consumption products… The other one, « the lion’s diary » is realised with the complicity of about 30 persons, volontary engaged to stay alone with the lions of the zoo, an hour everybody, and after that experience, to leave a memory about it: a text, a picture, an illustration, a movie…

 

In april 2005, the so collected visual or textual material became the object of the first presentation, in public open space, under the generic title The lion is dying.  The show/action puts on scene the Lion’s Collection together with some videos from the Lion’s diary, shown in a van, especially repainted in the colours of the school bus and designed for becoming a space of presentation and meeting. The Opening of the project goes with public lectures of chapters from the Lion’s diary and with a performance made by Hassan Darsi, The lion’s painting, sketched during the inauguration and extended in public every day till its presentation, the Closing day.  During the two weeks of its presentation, in parallel with The lion’s painting and as long as people cross the action space, the project goes on, feeding itself with the contributions that everybody would like to apport to the lion’s collection and with the productions of the painting studio especially opened  to public.

 

In may 2005, for the Passerelle artistique IV  , The lion is dying ‘s van move for another place : the Hermitage Park, making as well a footbridge, physical and symbollic at the same time, between two sensitive areas of Casablanca. This sliding from a place  in a way of a revival to another, in decline, is trying, inside of the same process and using different artistic mediums, to interrogate our way of looking to the realities of the contemporary world and the capacity to operate for change.

 

An year after, the project is like a puzzle on construction, going more and more rich with a new piece, The lion’s costume. Hassan Darsi, facing the problematics of The lion’s collection’s  presentation, imagine a mobile support for the different objects making its content. On the cloth of elements, pre - cut for corresponding to a costume made in the artist’s size, a selection of visuals is put on, taken from The Lion’s collection. Once achieved, the costume becomes itself a new object, by putting it on, the artist is shown a support of its own work.  Put on during the Dakar Biennial for contemporay art, for a TV programme, dedicated to the contemporary art discurse in Casablanca, during an exhibition opening in Antwerpen, the costume, as well as the publicity panels  carried around by the well known «  sandwich guys » is becoming an alive and mobile evidence, for the project and for the zoo situation as well.

The autumn 2007, The lion’s costume and The lion’s collection settled down in Rotterdam, in a contemporary art gallery, because if the pedagogical dimension, of a searched sensibilisation and communication of The lion is dying is a demonstrated wish, the project is not less an art project opened to multiple ways operated on the plastic arts field, pertinent in its dimension of opening, exchange and transmission, offered to the public in an all access space or in a space exclusively dedicated to art.

 

As a way out of the pubic actions taken in 2005, the Aïn Sebâa zoo is basically renovated, the dumping ground was evacuated, the enclosure walls were recovered with pastel colours… Nothing of conclusive enough for the prison like situation of those animals, but a first attempt to become aware of it and a glance of a future where such actions could lead into real solutions, can we still hope…

 

(Florence renault-darsi.

Traduction : Tzvetomira Tocheva)

 

 

"السبع يحتضر

" حكاية صغيرة لسيرورة تحول...

 

ولدت فكرة "السبع يحتضر"، سنة 2003 خلال زيارة مفاجئة لحديقة الحيوانات "عين السبع" بالدار البيضاء. اكتشفنا خلال ذلك اليوم جسامة كارثة لم تكن في بدايتها لأنها كانت تحمل ملامح إهمال قديم. في تلك الفترة كانت "لاسورس دو ليون" )"عين السبع"( تشتغل على فضاء لم تكن أحواله أقل كارثية بالمدينة وهو حديقة لارميطاج. استنبتت فكرة مشروع صغير وبدأت عملية تحديد مجموعة من المواقع. ويمكننا القول إنه بسرعة وبقوة الأشياء توجه المشروع حول الصورة الرمزية لستة أسود من حديقة الحيوانات، محبوسة بثلاثة أقفاص لا يتعدى قطرها عشرة أمتار تقريبا، فرصة لا تعوض ليدور كل واحد منهم حول نفسه. فتم اتخاذ مقاربتين تكميليتين. تم تكوين مجموعتين متوازيتين؛ الأولى، وهي "مجموعة السبع"، تتضمن مجموعة من الأشياء المختلفة حول الأسد من صور فوطوغرافية، أغانٍ، رسم، فيلم... والثانية، "جريدة السبع"، تحققت بمساهمة ثلاثين شخص تطوعوا لقضاء ساعة، لوحدهم، بالقرب من سباع الحديقة ونقل تجاربهم عبر نص، صورة فوتوغرافية، رسم، فيلم... في أبريل 2005 تجمعت المادة وتم عرضها، لأول مرة، في فضاء عام تحت عنوان شامل: "السبع يحتضر". المعرض/الفعل يقدم "مجموعة السبع" وصور فيديو "جريدة السبع" داخل شاحنة صغيرة تمت إعادة صباغتها بألوان النقل المدرسي وتمت تهيئتها لتتحول إلى فضاء للعرض واللقاء. افتتاح المشروع رافقته قراءات عمومية لمقتطفات من "جريدة السبع" وقدم فيه العمل الفني لحسن ضرسي "رسم السبع" الذي تم الشروع فيه خلال الافتتاح وتم استكماله بالتدريج يوميا أمام الجمهور إلى حين عرضه النهائي يوم الاختتام. خلال أسبوعين من تقديمه في نفس الوقت الذي استكمل فيه "رسم الأسد" وخلال اللقاءات مع الزوار استمر المشروع في الاستفادة من مشاركات كل

 

من يريد إضافة شيء ما إلى "مجموعة السبع" وإنتاجات ورشة الرسم التي فتحت للجمهور بالمناسبة. في ماي 2005 وبمناسبة "المعبر الفني الرابع" )وهي لقاءات دولية سنوية تنظمها "لاسورس دو ليون"( انتقلت شاحنة "السبع يحتضر" للاستقرار بحديقة لارميطاج لتكون بذلك معبرا حسيا ورمزيا بين فضاءين يعانيان من الهشاشة بالدار البيضاء. هذا الانتقال بين فضاء في طور الانبعاث ومكان ينهار هو محاولة، داخل نفس السيرورة من طرف مختلف وسائط الفنون التشكيلية، لمساءلة الواقع الحالي وإجراء بعض التغييرات فيه. بعد سنة، اغتنى المشروع، كما الصورة التي ينقصها جزء واحد، بـ"لباس السبع". فبعد أن واجه حسن ضرسي إشكالات تقديم "مجموعة السبع"، فكر في دعامة متحركة لمختلف الأشياء المكونة للمجموعة. فقد ألصقت أجزاء من ثوب فُصّل على مقاس الفنان صورٌ لعينة من الأشياء المكونة للمجموعة. بعد الانتهاء منه صار اللباس في حد ذاته عنصرا من المجموعة ليرتديه الفنان ويصبح دعامة لأعماله. لبسه خلال معرض )بينالي( الفن المعاصر بدكار، خلال برنامج حواري تلفزيوني حول الفن المعاصر بالدار البيضاء وأيضا خلال افتتاح معرض بغاند. صار اللباس، كما اللوحات الإشهارية التي يحملها "الرجال السندويتشات"، شهادة حية ومتحركة للمشروع حول وضع حديقة الحيوانات "عين السبع". في خريف 2007، استقر "لباس السبع" و"مجموعة السبع" بروتردام برواق للفن المعاصر، لأنه إذا كان البعد البيداغوجي، التحسيسي والتواصلي لـ"السبع يحتضر" إرادة معلنة فإن المشروع يظل مشروعا فنيا منفتحا على مختلف السبل التي تم نهجها في مجال الفنون التشكيلية، وناجعا في بعد الانفتاح والتبادل ونقل التجارب الذي يقدمه إلى الجمهور في فضاء عمومي أو في فضاء خاص بالفن. بعد ما قدم للجمهور من أعمال خلال سنة 2005 تم إصلاح شامل

للحديقة، إذ تفرغ من الأزبال وتم طلاء الجدران بلون الباستيل... وهي أشياء ليست ذات قيمة بالنسبة إلى وضعية حبس الحيوانات، لكنها تؤشر على بداية الوعي بالوضع مما قد يساعد في المستقبل على وضع حلول حقيقية كما نتمنى ذلك...

فلورانس رونو-ضرسي

 

La collection

du lion

2003 - 2007

 

Le costume

du lion

2006

 

Le journal

du lion

2003 - 2004

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